La contrainte de financement
Le financement peut être interne ou externe.




Le financement interne
Le problème du financement ne se réduit pas à l’achat de capital fixe (FBCF) : l’entreprise doit financer l’ensemble de son activité. Si les recettes des ventes ne suffisent pas, elle sera aussi obligée d’emprunter.
La capacité d’autofinancement ou marge brute d’autofinancement mesure l’aptitude de l’entreprise à financer son développement. Une capacité d’autofinancement élevée ne garantit pas que l’investissement sera élevé. La capacité d’autofinancement peut par exemple être utilisée pour faire des placements spéculatifs. Il ne faut pas confondre la capacité d’autofinancement et l’autofinancement.

Le taux de marge et le taux d’épargne (en % de la VAB)


Source : INSEE Comptes de la Nation pour 2006 (juin 2007)
Le taux d’épargne et le taux de marge ont des évolutions comparables, le taux de marge conditionne le taux d’épargne...
Le taux de marge et le taux d’investissement (en % de la VAB)

Source : INSEE Comptes de la Nation pour 2006 (juin 2007)
Le taux d’investissement devrait suivre l’évolution du taux de marge (ou du taux d’épargne) or on constate qu’entre 1982 et 1984 d’une part et entre 1990 et 1997 ce n’est pas le cas : le taux d’investissement diminue alors que le taux de marge augmente ou est stable, cela veut dire que disposer d’un financement ne suffit pas pour investir. Mais cela peut aussi traduire une modification dans le comportement des entreprises : les entreprises consacrent une part croissante de la valeur ajoutée aux investissements immatériels (recherche-développement, formation en particulier) et elles utilisent leur épargne pour financer des investissements directs à l’étranger. De ce fait le taux d’investissement sous-estime très fortement l’effort d’investissement.
Taux d’autofinancement (EB / FBCF en %) et taux d’investissement en % de la VAB

Source : INSEE Comptes de la Nation pour 2006 (juin 2007)

Le taux d’autofinancement est le rapport de l’épargne brute à la FBCF. [1]
Le financement externe
Les entreprises qui n’ont pas assez d’épargne pour financer leurs investissements (c’est la situation normale, on l’a vu) ont un besoin de financement.Elles s’adressent alors aux banques et aux autres institutions financières.
Les grandes entreprises ayant accès au marché financier, peuvent émettre des titres pour trouver du financement (des actions et des obligations).



Le financement externe des sociétés non financières de 2005 à 2007

Source bulletin mensuel Banque de France, février 2008.

Source : Bulletin mensuel Banque de France (mai 2007)
Les transformations du système de financement et des comportements de financement observés en France depuis le milieu des années 1980 peuvent être interprétées comme le passage d’une économie d’endettement à une économie de marchés financiers [2].
[*La contrainte de financement dépend du coût du capital.*]


[*La contrainte de financement dépend du niveau d’endettement et de la structure financière de la firme.*]
Le ratio d’endettement est le rapport de l’endettement obligataire et bancaire aux fonds propres, EN / FP.




L’économiste américain James Tobin (1918 - 2002) propose de prendre en compte la « valeur » de l’entreprise comme critère de décision : si la valeur boursière de l’entreprise est supérieure au coût du remplacement des actifs (capitaux installés) alors il faut investir et inversement.
Coefficient Q de Tobin = Valeur boursière de l’entreprise / valeur de remplacement du capital installé.
[2] Distinction introduite par l’économiste anglais John Richard Hicks (1904 - 1989). Elle oppose deux modes de financement : un financement par l’endettement auprès des banques et un financement sur ressources propres (autofinancement et augmentation du capital par émission d’actions).