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16 ago 2011

Contre la dictature financière, la révolte nécessaire



Contre la dictature financière, la révolte nécessaire

10 août 2011 | Par Edwy Plenel
Face à la catastrophe annoncée et confirmée par la folle journée de ce mercredi (lire ici l'article de Martine Orange), nous avons rendez-vous avec l'histoire. Car la crise actuelle ne résulte pas d'une inévitable fatalité économique ou d'une éphémère folie financière. Elle est la conséquence de politiques socialement criminelles, mensongères et amorales, qui, si elles ne sont pas défaites par les peuples, entraîneront nos sociétés dans une spirale de violences. Aussi est-il temps d'imposer des solutions s'attaquant à la racine du mal : réalistes parce que radicales.
Il y aura bientôt trois ans, le 25 septembre 2008, ces solutions étaient évoquées par un orateur, indigné devant ce que révélaient, avec le scandale des subprimes, les débuts de la crise qui, aujourd'hui, s'approfondit. Ce n'était alors que refrains sur ces spéculateurs impunis, ces banques avides, ces financiers rapaces, ces Etats impuissants, ces idéologues complices, cette misère sociale, ces injustices croissantes, ces escrocs mondains – l'affaire Madoff allait bientôt éclater –, bref, cet argent fou devenu tueur en série lâché sur le monde, détruisant ses richesses humaines et naturelles, premier ennemi du genre humain et de sa terre nourricière.
C'était en France, à Toulon, et l'orateur tenait à « dire la vérité aux Français », et notamment cette vérité première : « L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. » Et il ne cessait de la marteler, en lisant son discours écrit par l'un de ses conseillers. Nos lecteurs nous pardonneront la longueur de la citation, justifiée par la gravité de l'heure tant ces mots bruyants d'hier résonnent aujourd'hui bizarrement, dans le silence feutré des conversations téléphoniques et des communiqués lénifiants qui, trois ans après, tiennent lieu de réactions officielles à une crise historique de nos économies. Informer, c'est aussi, sinon d'abord, se souvenir. Ne pas perdre la mémoire. Se rappeler les engagements pris. Ne jamais croire sur parole et, toujours, mettre en perspective. Voici donc...
« Au fond, c'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin du capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir. L'idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. Pendant plusieurs décennies, on a donc créé les conditions dans lesquelles l'industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques absolument inconsidérés.
« On a fait semblant de croire qu'en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l'entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d'assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d'amortir le choc. C'était une folie dont le prix se paie aujourd'hui ! »
Si l'imposture volait, Nicolas Sarkozy serait chef d'escadrille (sur ce clin d'œil aux Tontons flingueurs, lire ci-dessous notre « Boîte noire »). Car ce discours de 2008 est évidemment le sien (pour le retrouver en intégralité, voir l'onglet « Prolonger »). Oui, ce discours où « la moralisation du capitalisme financier » devenait « une priorité », où les « questions qui fâchent » allaient enfin être posées, et d'abord « celle des paradis fiscaux », où « aucune institution financière » ne devait désormais « échapper au contrôle d'une autorité de régulation », où c'en était fini des croyances obscurantistes dans l'invisible et miraculeuse main du marché – « Il arrive que l'autorégulation soit insuffisante. Il arrive que le marché se trompe. Il arrive que la concurrence soit inefficace ou déloyale » –, où même les tristement fameuses agences de notation qui défient les démocraties, leurs Etats et leurs peuples, allaient voir ce qu'elles allaient voir – « Il va falloir contrôler les agences de notation dont j'insiste sur le fait qu'elles ont été défaillantes ».
Trois ans ont passé, et le mystérieux « On » de l'ancienne diatribe présidentielle a continué sans entraves ses ravages, spéculations, prévarications et destructions. Ce n'était évidemment qu'un discours d'opportunité, le temps de conjurer la peur d'un peuple révolté et de sauver les intérêts de ce monde oligarchique en forme de société anonyme dont Nicolas Sarkozy est le fondé de pouvoir. Des mots de démagogue, privés de signification, cachant une politique, exactement contraire, de sauvetage sans conditions de cette finance dérégulée, depuis repartie de plus belle à l'assaut de nos conquêtes sociales, de nos équilibres économiques, de nos volontés populaires et de nos souverainetés nationales. Words, words, words... comme le dit le Hamlet de Shakespeare, et c'est bien une tragédie. Une farce tragique.

Ces imposteurs qui nous gouvernent

« Le monde est au bord du gouffre par la faute d'un système irresponsable », déclarait le 3 octobre 2008, dans la foulée du discours solennel de Toulon, l'invisible premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon. Trois ans après, nous basculons dans ce même gouffre par la faute de ces gouvernants irresponsables. Qui pourrait décemment faire encore confiance à des dirigeants qui n'ont même plus l'excuse d'avoir été pris par surprise ou de s'être trompés par conviction ? Ils savaient ce qu'il en était puisqu'ils le proclamaient eux-mêmes, dans une stratégie de diversion verbale où leurs discours cachaient la réalité de leurs actes, qui les démentaient.
Mediapart l'a d'emblée rappelé (lire ici l'article de Martine Orange), c'est l'occasion ratée de 2008 qui, aujourd'hui, se paye. Et elle fut ratée en toute conscience par ces pompiers incendiaires qui nous tiennent lieu de gouvernants, venus au secours des banques avec notre argent public sans exiger de contrepartie, sans entrer à leur capital, sans les placer sous contrôle... Ainsi remis sur pied, le système financier est reparti sans rigoureuse régulation et sévères garde-fous, sans réforme du système bancaire, sans taxation des mouvements de capitaux, sans interdiction de spéculer sur les dettes des Etats, sans sanction des paradis fiscaux, sans transparence sur les mouvements spéculatifs, sans rien de tout ce qui était annoncé et promis. Bref, ils nous ont trompés, menti, trahis.
Soyons équitables. Dans l'instant, nos dirigeants ont peut-être cru à ce qu'ils disaient. Tout simplement parce qu'ils avaient peur, saisis de frayeur à la perspective d'une prise de conscience collective transformée en colère populaire. Puis, sans doute eux-mêmes surpris de ne pas rencontrer en 2008 et 2009 un front plus uni et plus déterminé, aussi bien politique que syndical, d'opposition, de résistance et d'exigence, ils sont revenus à leurs chères habitudes, abandonnant sans bruit l'impensable audace qui les avait saisis le temps d'un discours. L'intérêt, toujours l'intérêt, encore l'intérêt, tel est leur seul mot d'ordre. S'enrichir, accumuler, spéculer. L'argent privé plutôt que le bien commun. L'envers de tout idéal.
Mais ils avaient été avertis et n'étaient pas près d'oublier leurs craintes. Aussi leur fallait-il se prémunir de nouvelles déconvenues, en forçant l'avantage qu'une opposition trop divisée et trop frileuse leur avait offert. Affaiblir l'Etat social, protéger le capital financier, culpabiliser le monde du travail : le programme a depuis été suivi à la lettre, des privilèges fiscaux accordés aux très fortunés jusqu'aux coupes sombres dans la fonction publique, tandis que l'emploi restait sacrifié, miné par le chômage et la précarité. Sans oublier, bien sûr, cette bataille des retraites dont, en 2010, ils ont soigneusement choisi l'agenda – un calendrier impératif et des solutions non négociables – afin d'obtenir une victoire symbolique sur la grande masse des salariés, ouvriers et employés surtout, toutes celles et tous ceux dont les vies de travail sont la seule richesse.
Le stupéfiant discours de Toulon envisageait, excusez du peu, de « refonder le capitalisme sur une éthique, celle de l'effort et celle du travail ». Spectaculairement tenue sur Mediapart, la chronique des peu ragoûtantes coulisses du pouvoir n'a cessé de dévoiler ce qu'il en était réellement de ces intentions vertueuses. Affaires Bettencourt, Tapie/Lagarde, Takieddine (nos dossiers complets sont à consulter ici, et encore ): pour s'en tenir aux seuls grands feuilletons de l'année écoulée, ce n'est qu'une déclinaison de passe-droits, d'impunités fiscales, de justices sur mesure, de cadeaux financiers, d'arrangements entre amis, de commissions occultes et de financements parallèles. Avec en prime, notamment dans l'exceptionnelle moisson Takieddine, des paradis fiscaux toujours recommandables, des ventes d'armes toujours corruptibles et des dictatures toujours fréquentables.
Ici, comme dans les vieux romans bourgeois, les cuisines disent la vérité des salons. Nos supposés honnêtes dirigeants y font la soudaine fortune d'intermédiaires obscurs (Ziad Takieddine), promus diplomates occasionnels parce que généreux argentiers, ou d'entrepreneurs déchus (Bernard Tapie), passés par la case prison avant d'être gratifiés d'un juteux préjudice moral auquel ne saurait prétendre le plus innocent des détenus. Dans leur cruelle vérité, les enregistrements de l'affaire Bettencourt avaient brutalement mis à nu ce monde d'imposture dont l'argent est le seul moteur et la seule valeur. Un monde double, scindé entre son apparence jouée et sa réalité vraie. Un monde factice qui a cette particularité d'être l'envers de ce qu'il prétend. Et ce n'est certes pas ce monde-là qui nous sortira du gouffre où il nous a entraînés.

Le coup d'Etat des intégristes de la finance

En 2008, l'orateur de Toulon faisait l'éloge de la volonté politique et de son instrument privilégié, l'Etat. Oui, martelait-il, l'Etat ne saurait être passif face aux marchés et aux financiers. « Il me semble que la question de la légitimité des pouvoirs publics à intervenir dans le fonctionnement du système financier ne se pose plus ! », osait-il, ajoutant : « Il faut bien que l'Etat intervienne, qu'il impose des règles, qu'il investisse, qu'il prenne des participations... » Trois ans ont passé, et nous avons sous les yeux le spectacle d'une abdication politique face aux intégristes de la finance.
L'actuel emballement de la crise est politique avant d'être économique : son récent déclencheur est le putsch d'une agence de notation contre le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique. Et ce coup d'Etat financier n'est que le prolongement des spéculations menées en Europe depuis des mois, de la Grèce au Portugal, en passant par l'Espagne et la France, contre des pays, contre leurs finances, contre leurs richesses et, donc, contre leurs peuples. Quel est donc ce monde où l'appréciation fantaisiste de mystérieux sorciers de la finance, incontrôlés et incontrôlables, qui plus est souvent financièrement intéressés à l'effet spéculatif de leurs recommandations, est jugée légitime pour sanctionner la politique d'un pouvoir élu ?
Les « clowns » de Standard & Poor's, pour reprendre le qualificatif sans appel de l'économiste américain Paul Krugman, ne font pas de l'économie, mais de la politique, comme Mediapart l'a précisément raconté (lire ici l'article de Mathieu Magnaudeix). Et pas n'importe quelle politique : celle du pire, aussi bien d'un point de vue démocratique que social. Ils l'ont reconnu sans embarras, et cet aveu n'a suscité aucune sursaut chez les opérateurs boursiers, preuve s'il en était besoin que la bataille en cours ne relève pas de la technique financière mais d'un affrontement idéologique.
Pris la main dans le sac par l'administration Obama pour une erreur de calcul portant sur pas moins de 2000 milliards de dollars, les illuminés de Standard & Poor's n'ont rien changé à leur appréciation dépréciative, se contentant de modifier leurs additions et d'assumer le caractère partisan de leur jugement en évoquant des « risques politiques » qui « pèsent plus lourd que la partie budgétaire de l'équation ». Comme l'a encore souligné le nobélisé Paul Krugman, « ces gens ne sont certainement pas en position d'émettre un jugement », et néanmoins ne s'en privent pas. Ce sont les mêmes en effet qui, en 2008, accordaient les meilleures notes de confiance et de crédibilité à la banque Lehman Brothers jusqu'à sa faillite dans la tourmente des subprimes.
Cette spéculation sur la pauvreté, qui a ruiné des millions d'Américains, ne les gênait aucunement. De même qu'au temps du capitalisme sauvage, assumé comme tel, il y avait des agences de gros bras pour briser les piquets de grève, Standard & Poor's n'est qu'une agence de mercenaires de la guerre sociale menée par les spéculateurs contre les travailleurs. A peine avait-elle dévalué la note des Etats-Unis, qu'elle s'empressait de dégrader les organismes américains de refinancement des prêts immobiliers nationalisés durant la crise, c'est-à-dire les instruments créés par la puissance publique pour en réparer les dégâts humains. De même soutient-elle aujourd'hui le triple A français comme la corde le pendu : à la condition explicite que l'offensive antisociale du gouvernement se poursuive.
En juin dernier, elle faisait savoir que « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas de modifier la Sécurité sociale et ne consolident pas le budget face au risque d'accroissement des dépenses liées aux retraites et à la santé, alors il est incertain que l'Agence maintienne la note AAA » (lire un rappel ici). Et, lundi 8 août, son président du comité de notation des Etats vantait non seulement la réforme des retraites française mais le retrait de la politique de relance budgétaire (lire là), ajoutant sans fioritures : « Le gouvernement est resté droit dans ses bottes. Il a connu beaucoup de contestation de la rue, mais il n'a pas cédé à cette pression, ce qui souligne la crédibilité de l'exécutif pour prendre des mesures difficiles. »
Nos démocraties sont aujourd'hui défiées par les mêmes idéologues supposément économistes qui, disciples de Milton Friedman (son histoire est ici sur Wikipédia), ont accompagné les dictatures latino-américaines dans les années 1970 et 1980 sans aucun état d'âme. Convaincus d'avoir raison contre les peuples, auxquels il faudrait d'abord savoir dire non et, surtout, ne pas avoir à rendre de comptes, ils s'accommodent volontiers de pouvoirs autoritaires, où l'exception devient la règle et la répression l'ordinaire.
Conseiller de Barack Obama et ancien journaliste, David Axelrod voit juste en lançant à propos de S&P : « C'est une dégradation Tea Party. » L'agence de notation n'est ici que le bras financier, comme l'on dirait le bras armé, de la droite extrême américaine, guerrière, impérialiste et raciste, xénophobe et homophobe. Là-bas comme ici, d'une élection présidentielle à l'autre en 2012, ce n'est donc pas une crise financière qu'il nous faut affronter, mais une bataille politique qui appelle un sursaut vital. On ne compose pas avec un adversaire déloyal, aveuglément idéologique et profondément amoral, comme l'a trop longtemps cru le président Obama (lire ici l'article de Thomas Cantaloube). Non, on l'affronte, pied à pied, par la construction d'un rapport de force et d'une alternative déterminée.

Aujourd'hui, être réaliste, c'est être radical

Rencontre de la troisième crise du capitalisme, après celles de 1857 et de 1929, et de la troisième révolution industrielle, après celles de la machine à vapeur et de l'électricité (lire ici un rappel synthétique), notre époque de bouleversement inattendus et d'événements imprévisibles ne cesse de mettre à l'épreuve nos volontés et nos lucidités. Mais, parallèlement aux révolutions arabes qui inaugurent un incertain réveil des peuples, elle vit cette année son moment de vérité.
La crise dans laquelle nous sommes plongés est le prix à payer de la contre-révolution néolibérale qui, depuis trente ans, sur notre continent notamment, déboussole les peuples, défait les solidarités et accroît les inégalités. De deux choses l'une, soit nous réussissons à la renverser et à inventer un nouveau cours, européen et national, où les exigences démocratiques et sociales reprennent le dessus ; soit, dans sa fuite en avant provoquée par sa propre faillite, cette contre-révolution économique appellera une contre-révolution politique, génératrice de violences et de haines, de libertés perdues et de solidarités brisées.
Car comment peuvent-ils s'en sortir, sinon en faisant taire les peuples ? A la différence des révolutions, improbables par essence, les catastrophes n'arrivent jamais par surprise, mais toujours par habitude – autrement dit, par renoncements successifs et capitulations cumulées. Loin d'être une exception, la morgue de Standard & Poor's témoigne d'un état d'esprit banal dans ce monde où les politiques ont abdiqué devant les financiers. Ainsi, dans cette Europe qui marche sur la tête, la finance en haut et la politique en bas, la Banque centrale européenne peut-elle imposer ses diktats aux Etats alors même que ses dirigeants n'ont aucun compte à rendre aux peuples.
Dans la folie du week-end dernier où l'on trouvait normal que nos gouvernants « donnent des gages à la BCE » (lire par exemple ici), il a été trop peu remarqué que ladite banque centrale avait posé ses conditions draconiennes à l'Italie dans une lettre « secrète », révélée par le Corriere della Sera (lire ici l'article du quotidien). Dans ce quasi « programme de gouvernement », selon nos confrères italiens, l'actuel gouverneur, le Français Jean-Claude Trichet, et son successeur, l'Italien Mario Draghi, appellent le gouvernement Berlusconi, dont la corruption avérée ne les inquiètent pas outre mesure, à accentuer la libéralisation de l'économie.
Outre l'exigence de « moins de rigidité sur les contrats à durée indéterminée », donc d'une dérégulation du marché du travail, cette missive en forme d'oukase recommande la privatisation des sociétés municipales qui, dans la péninsule, gèrent souvent les transports publics, la collecte des déchets ou la distribution d'électricité et de gaz. On comprend que ses auteurs aient voulu taire cette lettre : car, en juin dernier, les Italiens se sont prononcés par référendum, à une immense majorité, contre la privatisation de la distribution de l'eau, tout comme ils ont approuvé le refus d'autoriser l'Etat à construire de nouvelles centrales nucléaires ainsi que celui de faire obstacle au déferrement du président du conseil devant la justice (les résultats des référendums sont consultables ici).
Ce simple épisode de la lettre cachée, et heureusement révélée par la presse, illustre ce b.a.-ba démocratique qu'il nous faut, plus que jamais, défendre contre les fourriers de la dictature des marchés : que le sort des peuples dépend d'abord d'eux-mêmes et exige qu'on leur demande leur avis, ce qui suppose qu'ils soient librement informés grâce au recul des barrières d'opacité et de secret dressées contre l'exigence citoyenne de transparence. Quant aux médecins moliéresques qui prétendent parler en notre nom, imposant leurs remèdes de Diafoirus à des maladies imaginaires, ils doivent être urgemment congédiés tant ils sont les premiers fauteurs de crise. Ne sont-ce pas les agences de notation qui furent « les agents clés de l'effondrement financier », comme le soulignait en janvier dernier la commission gouvernementale américaine d'enquête sur la crise ?
Ne sont-ce pas les plans de sauvetage de la finance et la récession, provoquée par cette crise bancaire et financière commencée en 2008, qui sont à l'origine de l'explosion récente de la dette publique en Europe et dans le monde ? « Le déficit public moyen dans la zone euro n'était que de 0,6% du PIB en 2007, mais la crise l'a fait passer à 7% en 2010 », rappelait le Manifeste des économistes atterrés, ajoutant surtout que la montée de la dette publique en France et dans de nombreux pays européens « provient largement non pas d'une tendance à la hausse des dépenses publiques mais de l'effritement des recettes publiques », du fait notamment « de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis vingt-cinq ans » – un coût minimum de 100 milliards d'euros pour la France (lire ici l'article de Laurent Mauduit).
Il faudrait citer toutes les fausses évidences que démonte ce Manifeste, soutenu par Mediapart depuis son lancement fin 2010 (retrouver ici notre article du 10 octobre 2010). Il y en a dix, accompagnées de vingt-deux propositions de mesures « pour sortir de l'impasse » parmi lesquelles celle-ci, prophétique : « Les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser arbitrairement sur les taux d'intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d'un Etat. » Ou celle-là, efficace : « Affranchir les Etats de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publics par la BCE ». La lecture de ce texte aussi clair que concret, dont les propositions sont d'une évidente portée pratique, est revigorante car elle montre que, loin des résignations, il y a des solutions. Mais elles supposent des remises en cause radicales.
Ce Manifeste est né de ce constat atterré, aujourd'hui vérifié par l'expérience, que « la crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2007 et 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans » et que « le pouvoir de la finance n'est nullement remis en cause dans ses fondements ». La voie qu'il trace est celle d'une radicalité de bon sens : non pas celle qui se paye de mots ou d'illusions, mais celle qui, fidèle à l'étymologie du mot « radical », s'attaque à la racine du mal. Dans cette acception, être radical, c'est être réaliste : face aux bilans désastreux et aux catastrophes annoncées de politiques construites sur les fausses hypothèses d'une efficience des marchés financiers et d'un poids excessif des Etats, il faut une autre politique, aux présupposés et aux conclusions radicalement différents.

Rien n'est écrit, tout dépend des peuples

Sans doute faut-il se pincer pour y croire mais il est vrai qu'en 2008, à Toulon, Nicolas Sarkozy jurait nous devoir « la vérité : dans la situation où se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession ». Trois ans après, Alain Minc, symbole de ce petit monde de conseilleurs et d'entremetteurs qui résume une politique réduite à l'agiotage, confie au Monde la vérité vraie de cette politique : « Nicolas Sarkozy est devenu Raymond Barre. Il ne peut plus changer de ligne, préserver la note AAA de la France coûte que coûte. Elle est devenue notre trésor collectif. »
Que Raymond Barre, premier ministre tenant d'une politique d'austérité à la fin du septennat de Valéry Giscard d'Estaing, ait quelque responsabilité dans son échec électoral à la présidentielle de 1981 ne doit pas nous rassurer pour 2012. Concierge utile de cette oligarchie, dont il fait circuler les messages et dit tout haut les basses pensées, Alain Minc est un pronostiqueur catastrophique, au risque parfois du ridicule – en 2008, la crise était selon lui « grotesquement psychologique » (à revoir ici) et, en prime, Mediapart une entreprise vouée à l'échec (à revoir là). L'essentiel est ailleurs, dans ce message idéologique : l'austérité comme seul horizon et les marchés comme seuls maîtres.
Nous savons donc ce qui nous attend, et cela se joue maintenant.Tout en étant concocté dans une opacité totale qui est, en elle-même, un déni de démocratie, l'agenda du pouvoir est transparent : jouer de la crise comme d'un levier pour rendre encore plus définitive la défaite du monde du travail. Terme religieux, où le fétichisme de la croyance détrône la politique comme volonté, « la règle d'or » sur le pourcentage de déficit, tendue comme un piège grossier à l'opposition de gauche, n'a d'autre but, outre de possibles cacophonies socialistes, que cette pédagogie de la fatalité et de la résignation. L'offensive est en route, et ce ne sont pas des communiqués, interviews, déclarations et petites phrases qui l'arrêteront. Mais une mobilisation, évidemment. Un rapport de force. Une lutte.
Le pouvoir le sait qui prend les devants, continuant, voire accélérant, son travail de division du corps social où la chasse aux boucs émissaires est chargée de faire diversion en semant son poison. Lundi 8 août, quand le yo-yo des Bourses donnait le tournis après le putsch américain de S&P, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, s'empressait d'annoncer un « résultat historique » d'expulsions d'étrangers en 2011 et celui du travail, Xavier Bertrand, promettait d'ici la fin de l'année, et sur une idée de la toujours extrême Droite populaire, « un fichier unique des allocataires sociaux » afin de renforcer « la lutte contre les fraudes sociales ».
Les immigrés et les pauvres, sans oublier les jeunes : l'un des initiateurs du Manifeste des économises atterrés, Philippe Askenazy, a minutieusement démontré comment ces politiques qui stigmatisent des catégories entières de la population (dont, il le rappelle aussi, les femmes) « ont engendré bon nombre des obstacles auxquels font face l'économie et la société françaises » (voir ici notre compte rendu de son dernier livre, Les Décennies aveugles). Mais peu importe pour les imposteurs qui nous gouvernent : leur souci n'est pas l'intérêt général mais leur survie particulière. Leur force de dominants ne repose que sur la faiblesse des dominés, cette division qu'ils s'emploient à diffuser et à installer, au nom de l'origine, de l'âge, du statut, de la culture ou de la croyance.
Seul un front commun, rassembleur et fraternel, saura enrayer cette machine infernale : une union populaire de toutes celles et tous ceux qui ont pris conscience des enjeux véritables et des urgences essentielles. Avec certes des nuances, toutes les oppositions de gauche revendiquent cette lucidité mais elles restent éparpillées, divisées par leurs différences ou paralysées par leurs ambitions. A nous tous de leur dire, partis, syndicats, mouvements et associations, que ce n'est plus l'heure de jouer petit bras, en soupesant les urnes de demain, en évaluant les chances d'après-demain ou en ruminant les divergences d'hier. Nous n'avons cessé de le répéter à Mediapart, et l'époque appelle une clameur plus ample : jamais un combat n'a été gagné sans avoir été mené, sans avoir su s'opposer, sans avoir réussi à se rassembler, sans s'être donné collectivement le courage de l'engager.
Quant à l'échéance de 2012, celles et ceux qui s'y consacrent devraient savoir qu'une élection n'est jamais un placement spéculatif, mais qu'elle relève d'un travail de tous les jours. Aussi, quand la tragédie s'annonce, le sort des peuples ne saurait être suspendu à un calendrier électoral. Il se joue ici et maintenant. Et, de ce rendez-vous, dépend aussi l'issue électorale. C'est pourquoi nous avons besoin d'une révolte citoyenne, aussi pacifique que majoritaire, qui s'emploie à remettre notre monde sur ses bases. A briser ce cercle infernal où l'argent, devenu la mesure de toute chose, finit par détruire toute valeur.

21 jun 2011

The Catalysts Start to Catalyze


The Catalysts Start to Catalyze

by John Rubino on June 15, 2011
For a couple of years now it's been clear that the world was about to fall apart, with the only question being which local failure turns out to be the catalyst for a systemic breakdown. So many things were on the verge of blowing up…yet none of them did. The world's governments have engaged in a heroic period of "extend and pretend" that has kept the system together longer than seemed possible.
But now the game seems to be ending. It's still not clear which bomb will go off first, but a bunch of fuses have gotten very short indeed. Here's a survey of old crises that are finally coming to a head:
California and Illinois
These two U.S. states are bankrupt by any reasonable definition, but are somehow managing to pay most of their bills. Their political classes are dominated by public sector unions, so neither has tried the tough medicine of places like Wisconsin or New Jersey. Instead, they've used a combination of much higher taxes (Illinois) and accounting gimmicks as a means to much higher taxes (California) to delay the inevitable reckoning.
Both are reaping what they've sown. Illinois, after raising corporate and income taxes, now faces an exodus of businesses to more friendly climes like Indiana and Texas. The governor is doling out tax breaks to keep major employers, a practice that 1) sends those new taxes right back out the door and 2) leads every other company to demand the same treatment. Latest on the list is the Chicago Mercantile Exchange, the state's biggest financial institution. No end in sight but bankruptcy.
California desperately wants to raise taxes but can't get an increase through the legislature. Thanks to a recently passed referendum, lawmakers don't get paid unless they produce a budget, so they'll do so pretty soon. But without more tax revenues it will fill the gaping deficit with gimmicks like delayed payments. No one will be fooled. The only question now is whether there's room in Texas for all the California companies that will soon be leaving. Again, no end in sight but bankruptcy. Short munis and pretty much anything dependent on consumer spending, since the resulting public sector layoffs will devastate demand for cars and other luxuries.
The Middle East
As country after country blows up, the U.S. finds itself sucked into increasing numbers of "humanitarian" military operations that are, of course, really about protecting the flow of oil. It won't work. An oil crisis of some sort is coming. Buy energy stocks, from oil to clean tech, short everything else.
The U.S. budget
With America borrowing, in effect, its entire military budget from China, unemployment headed back to double digits even by Washington's fraudulent accounting, and neither party willing to really address the military/entitlements complex, the debt will keep piling up until it can't. The rating agencies are now, belatedly, threatening the US AAA rating, the loss of which would either drive interest rates back to their historical average of 5%-6% (sending interest costs out of control) or force the Fed to start buying all the bonds issued by Treasury (sending the money supply out of control). Result: imminent currency crisis. Buy gold and silver, short Treasuries.
Housing
After seeming to stabilize for a few months, housing is tanking again. Sales and prices are down, underwater mortgages are surging, home builder confidence is at new lows, and poor innocent Bank of America is stuck with trillions of bad paper that it's not accounting for. As home prices accelerate to the downside, look for huge bank write-downs, massive stock volatility, and maybe another bailout. Short anything in the financial sector.
Europe
Ah, the euro. Greece is imploding…riots in the street, the government is falling, and the Bundesbank and ECB can't agree on how to handle the coming default. This one is coming to a head very soon, to be followed by the other PIIGS countries — assuming there's still a Eurozone to try to save. Short the European banks with the most Greek paper, load up on precious metals.
Does it matter which blows up first?
Not any more. They're all so close that just their prospect is enough to send capital running for cover. It's a nasty year no matter what. But then comes the next stimulus plan, which complicates the whole "short the world" thesis. The markets have been consistently fooled by this kind of thing, and there's no reason to believe that QE3 won't ignite another rally in risk assets. So monitor those shorts and be ready to close them out when CNBC starts hinting at a big pending announcement from Bernanke or Geithner. Shift the proceeds into precious metals, which will absolutely rocket when the next wave of fake liquidity hits the market.
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18 may 2011

Los 13 paises que controlan el oro en el mundo

El Peru tiene 36 TM de oro como reservas.1540 millones de dolares. Venezuela 365 TM

The 13 Countries That Control the World's Gold

Even if 2011 has gotten off to a rough start for gold, everyone knows that the value of gold is at historic highs.  What is interesting is that there is rarely a discussion about which countries actually have a lock on the world's gold.  24/7 Wall St has compiled a list of the top 13 nations which hold the bulk of the world's gold reserves and added in an outlook for 2011.
After having peaked above $1,420 per ounce at the end of 2010, gold has recently traded under $1,330 per ounce and has basically put in 3-month lows.  As part of its analysis 24/7 Wall St.  looked at the trends of the world's top holders that may drive demand up or down ahead in 2011 after taking a look at the new data from the World Gold Council.
Many issues should be considered in gold investing including demand from the private sector for bars, coins and jewelry along with industrial use.
1) United States holds 8,133.5 tonnes.
What the U.S. holdings will be when the next report comes out in another 7 weeks or so  is uncertain.  There will have been more than $600 billion in new commitments for Quantitative Easing by the Federal Reserve in the last few months. The US debt ceiling has been an ongoing issue.  The U.S. could always try unloading some gold to depress rising commodity prices rather than to increase the deficit, but unfortunately that would only last a few months.  If it did sell some of the shiny gold metal, Uncle Sam would have to find huge amounts of gold later. Besides, it is arguable whether countries are any good at price intervention. The lackluster economic recovery may result in little change in the gold holdings of Uncle Sam in 2011.
2) Germany holds 3,401.8 tonnes.
Germany is the foundation of the European Union and the Euro.  The Germans were sellers of gold for coins under the Central Bank Gold Agreements (The third Central Bank Gold Agreement currently in force covers the gold sales of the Eurosystem central banks, Sweden and Switzerland) from at least 2003 to 2008, but the sales were not enough to put a serious dent in its supply of gold.  Under the current state of the E.U., it's hard to see Germany becoming a huge buyer of the shiny metal.   A sale might cause investors to panic and cause the euro to collapse.  Unlikely, but a theory.   The funds to bail out troubled European countries, however, have to come from somewhere.  If Germany does sell gold reserves then it seems unlikely to be substantial enough that its #2 position would be up for challenge.
3) Italy holds 2,451.8 tonnes.
Italy was in the Central Bank Gold Agreements .  On the surface, it seems that the Italians are unlikely to sell off their gold reserves even if they are the least discussed nation among the PIIGS.  Releasing gold might address some of Italy's budget gaps, but the country faces many serious economic problems.  If we had to guess about reserves, we'd expect to see a slow or small drop but not enough to make much difference.


4) France holds 2,435.4 tonnes.
The French are the French and predicting what will happen with France's gold reserves is difficult at best.  Someone has to bail out the PIIGS, and France is the second part of the foundation of the European Union and the Euro currency.  France is part of the Central Bank Gold Agreement that had led to selling, but this was all before the major run-up in gold.  The logic would seem to hold that more light selling would be expected.
5) China holds 1,054.1 tonnes… and probably now more.
China is adding to its gold reserves to the point that few question whether China's gold hoard will move higher.  With more than 1.3 billion people and a fast-growing economy, it seems that the only thing that might impede gold buying is its own fight against inflation in 2011.  Some 454 tonnes of gold was bought between 2003 and  2009.  China probably added more than 200 tonnes during 2010 and "The World's Growth Engine" is likely to keep adding gold to assure the value of the yuan.
6) Switzerland holds 1,040.1 tonnes.
Imagining that the Swiss will buy more gold is hard after reports in recent years that it ran out of places to securely store it, even if those reports are debatable.  Then add in that Switzerland sold many tonnes of reserves under the time of the Central Bank Gold Agreement from 2003 to 2008, long before the great gold rush came upon us.   With a population of 7.6 million people, how much gold does the nation  need ?  Switzerland can still lighten its gold reserves and not be challenged over being one of the world's international banking center and as a benchmark currency.
7) Russia holds 784.1 tonnes… and more.
Russia is gobbling up gold as its economic power grows.  The report from the World Gold Council showed that it had accumulated some 120 tonnes in just the first 10 months of 2010 after adding more than 100 tonnes in 2009 and close to 70 tonnes in 2007.  More gold was purchased in November of 2010 after the data cut-off. The Russians also have huge oil and commodity reserves.  Unless gold suddenly plummets to unexpected lows to the point where it has embarrassing losses, then it is easy to assume that Russia will keep increasing its gold reserves.
8 ) Japan holds 765.2 tonnes.
Japanese people are known for keeping cash under their mattresses, but maybe they also stash gold. Japan has an inflated currency and it may decide to unload some gold holdings to be more competitive economically.  The risk is a rather simple one, and that is the same as elsewhere: central banks have historically not been great interventionists when it comes to commodity prices.  Prices for Japanese goods are now too expensive for foreigners due to the strength of the yen.
9) The Netherlands holds 612.5 tonnes.
It was surprising to see that the Dutch were one of the top ten in nations when it comes to gold reserves, even if it used to hold more gold.  You rarely hear of a "Dutch-led bailout for the PIIGS" but anything is possible in theory.  The nation was a seller of gold from at least 2003 to 2008 under the Central Bank Gold Agreement in Europe.   The country's gold holdings are unlikely to change much.
10) India holds 557.7 tonnes… and growing.
India is the second most populous country in the world with nearly 1.2 billion people.  Gold is such a part of the country's culture that it's impossible to think of India not accumulating more gold.  In fact, about one-third of the world's jewelry demand comes from there.
India acquired 200 tonnes of the IMF gold sales in late-2010 at prevailing market prices.  Some may have considered this a peak of the trend, but India is likely to continue acquiring gold under a normalized scenario for 2011 and perhaps for the years ahead.


11) Taiwan holds 423.6 tonnes.
It was rather surprising to see Taiwan as one of the world's largest gold holders.  Maybe it is for the nation's vast electronics business, or maybe it is to financially stay relevant in its long ongoing confrontation with China.  The nation is already considered wealthier per capita than many neighboring countries, but with the accumulation of gold made by China it almost seems unlikely to expect much major selling now from what was formerly known as Formosa.
12) Portugal holds 382.5 tonnes.
It was also surprising to see Portugal in the top fifteen holders of gold.  This must go back to the days of its empire building ambitions considering that its population is only just under 11 million people.  Or maybe it was that the nation was able to remain neutral in World War II.  If the PIIGS nation is in such dire straights, maybe its benefactors could consider taking pledges of some of its gold assets.  As Portugal has been a part of Central Bank Gold Agreement and a seller in recent years, it would seem likely that the country would unload more of its holdings.

13) Venezuela holds 365.8 tonnes.
If you ask politicians which nation is the most  least trusted in the Western Hemisphere, the answer is likely Venezuela.  Hugo Chavez has been no friend to America and the wealth coming to the country from its oil sales and from nationalization (some would say seizure) of businesses has only brought more wealth to the nation.  With its population of more than 27 million people, Venezuela is the sole Latin American country in the top fifteen gold holders of the world.
In 2010, Venezuela was listed by the World Gold Council as having been a buyer of 3.1 tonnes after buying 4.1 tonnes locally in 2009.  There is no reason to expect that to change.
Quasi Government and ETF Dominance
The International Monetary Fund holds some 2,846.7 tonnes, which would give it the ranking of No.3 in the world if it was a sovereign nation.  The IMF might see continued pressure on its gold reserves ahead, unless more gold is pledged to it by stronger nations to assist in `stabilization' bail-outs.  The IMF's Executive Board approved the sale of 403.3 tonnes in September 2009, which came to about one-eighth of its total gold holdings at the time. The work ahead for the PIIGS alone requires billions and billions of dollars, and the IMF has been involved there.
The European Central Bank holds 501.4 tonnes of gold and would rank No. 12 if it was ranked as a nation rather than a governing body over nations in a region.  What this amount will be when the IMF and data statistics unit reports at the next update is anyone's guess.  The European Union bailout funds have to come from somewhere other than IOU letters, but the source is up for debate.  E.U. member nations transferred in gold reserves and transferred in foreign reserve assets and the initial target for members was 15% of the total.  As at September 2010, the ECB held 26% of its reserves in gold.
The huge growth mechanism in the gold universe has been from the SDPR Gold Shares (NYSE: GLD) with its 1,260.84 tonnes as of this week, which is more fresh data.  You will see more of a "full gold ETF picture" later to make this more of an apples-to-gold comparison.  The "GLD," as it is called by investors  would be ranked above China and behind Italy in gold reserves if it were a central bank.  The value of its holdings is roughly $54.4 billion .
Most investors do not need an introduction to this exchange-traded product any longer other than the  reminder of just how large and just how dominant this is.  The most recent 2010-end data from the World Gold Council noted that the gold ETFs monitored in sum had net inflows of 361 tonnes during 2010 versus some 617 tonnes of net inflows in 2009.  The total holdings of ETF gold now hit a new high of 2,167.4 tonnes with a value of some $98 billion.  The "GLD" accounted for more than half of all tracked ETF products.  All in all, this is a staggering figure because this is the easiest of all gold holdings to track almost daily.
Elsewhere on the globe….
If you tally up the top fifteen central banks of the world (including ECB and IMF), the total is more than 25,500 tonnes. If you add the value of the exchange-traded products with more than 2,100 tonnes, then the total value of the top 15 central banks and quasi-governmental agencies comes to more than $1.15 trillion before personal gold holdings, industry holdings, jewelry holdings and more. The top 15 nations and entities still dominate the world of gold. Of the 113 countries and equivalents, the world's gold reserves come to 30,546.1 tonnes at the central bank level.
Perhaps the largest surprise was to see that the United Kingdom ranked #17 on the list of central banks by assets, preceded by Saudi Arabia and followed by Lebanon. To get a clear picture of the world's gold use and supply, we wanted to see other annual data as well.
We wanted to look at the industry and private holdings that are making an impact in gold as well.  What about markets and exchanges?  COMEX has shown that "the total non-commercial and non-reportable net long positions" that shows more speculative investment demand was high again in 2010.  The 2010-end data from the World Gold Council showed that the net-long position was roughly 26.3 million ounces or some 818.1 tonnes of gold.  The over-the-counter derivative market is of course very difficult to track, but it is believed to have positively added to the price of gold in 2010.
There has been a huge market for gold bars and gold coins, which is not shocking if you have watched any financial televsion promotional commercials in recent times.  The World Gold Council noted that physical delivery at the Shanghai Gold Exchange alone was 836.7 tonnes in 2010 and that 236.6 tonnes were delivered during the fourth quarter.  Investors in India are said to remain strong as well as elsewhere in Asia.  The figure from the U.S. Mint is that Americans bought roughly 1.2 million ounces, about 38 tonnes, worth of American Eagle bullion coins in 2010 after the 2009 figure of 1.4 million ounces or some 44.3 tonnes.
What about the world of jewelry, what "the rest of us" think of as the main use of gold?  The World Gold Council's recent year-end data is not complete for jewelry, but it showed that global jewelry demand was up 18% for the first nine-months of 2010 at some 1,468.2 tonnes at roughly $55.5 billion.  To show just how much India loves gold jewelry, its portion of 2010′s first nine months total was some 513.5 tonnes and that is more than one-third of the demand.
What about technology demand for gold?  The most recent data is also only for the first nine months of 2010, but that was said to be up 19% from 2009 to 221.8 tonnes.  That is close to the same level of 238.4 tonnes in 2008′s equivalent period.
And mine production and recycling?  The total gold supply from mine production, recycling, and from official sector transactions came to 2,993.3 tonnes in the first nine months of 2010.  Despite a gain in the first quarter of 2010, the World Gold Council said that this figure represented a drop lower by 3.1% versus the same period during 2009.  The belief is that gold from mining and recycling will have risen for 2010 and will reach levels seen at the start of the decade.
Calculating the real value of "above gound gold stocks" will vary from source and to source and it is almost impossible to value the hidden sums of gold that is unreported or that has been in family hands.  The World Council did put out a rough estimate of the total value as being some $7.277 trillion based on 2009 volume and the fourth quarter of 2010 average gold prices.
JON C. OGG





















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18 ago 2009

crise; subprimes en graphiques

voir

http://www.arcrachatcredits.org/articles.php?article=71

4 mar 2009

Le Monde.fr : Le Crédit agricole rattrapé par la crise des "subprimes"

Le Crédit agricole rattrapé par la crise des "subprimes"
LEMONDE.FR avec AFP 04.03.09 08h49

e groupe bancaire français Crédit agricole SA est rattrapé par la crise des subprimes (crédits hypothécaires à risque). La première banque sur le marché des particuliers, annonce, mercredi 4 mars, avoir dégagé en 2008 un bénéfice de 1,024 milliard d'euros, en forte baisse de 75 %, à cause d'une perte au quatrième trimestre, mais aussi du niveau élevé de ses provisions. Le résultat net est inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 1,2 milliard d'euros. Il était de 4 milliards d'euros en 2007. Le dividende proposé est de 0,45 euro par action. Le Crédit agricole fait moins bien que BNP Paribas (3 milliards d'euros) et la Société générale (2 milliards d'euros).


Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.fr
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03/04/le-credit-agricole-rattrape-par-la-crise-des-subprimes_1162983_1101386.html






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Comment l'assureur AIG a perdu plus que toutes les banques d'affaires

Comment l'assureur AIG a perdu plus que toutes les banques d'affaires
LE MONDE 03.03.09 09h52

orsque, lundi matin 2 mars, l'assureur American International Group (AIG) a annoncé 61,7 milliards de dollars (48,15 milliards d'euros) de pertes au dernier trimestre, un blogueur, sur le site du Wall Street Journal, s'est amusé à calculer que cela représentait 465 421 dollars partis en fumée à chaque minute. Le terme "amusé" est peut-être impropre, tant l'opinion américaine assiste avec rage à la descente aux enfers d'une société qui aura perdu 99,3 milliards de dollars en 2008, trois à quatre fois plus que n'importe laquelle des banques d'affaires.

Depuis septembre, le Trésor américain et la Réserve fédérale ont renfloué AIG à hauteur de 150 milliards de dollars. Lundi, 30 autres milliards s'y sont ajoutés. Nationaliser ? Ce n'est même plus le débat. Même si son ancienne direction reste en place, AIG est o fficiellement "sous tutelle" de l'Etat, lequel détient 80 % de ses parts.


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http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03/03/comment-l-assureur-aig-a-perdu-plus-que-toutes-les-banques-d-affaires_1162472_1101386.html






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