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18 ene 2011

GERARD DESTANNE DE BERNIS in memoriam, PAR B GERBIER

http://www.alger-republicain.com/spip.php?article453 Gérard Destanne de Bernis est décédé le 24 Décembre 2010 après une vie tout entière consacrée à la compréhension et à la transformation de l’économie du monde. Il était né en 1928 dans une famille lot et garonnaise qui lui légua une passion toute particulière et constante pour l’économie agricole. Ayant effectué sa thèse sous la direction de François Perroux, il avait commencé sa carrière d’universitaire à l’Université catholique de Lille. Puis, ayant réussi (au deuxième rang) le concours d’agrégation des Universités à 25 ans et quelques mois, ce qui en fit longtemps le lauréat le plus jeune de ces concours, il fut nommé à l’Institut des Hautes Études de Tunis où il se lia avec A. Ben Salah avec qui il collabora à une réforme agraire. Celle-ci, qui nationalisait les terres appartenant aux étrangers, essentiellement français, déclencha une crise avec le gouvernement français et lui valut à la fois une notoriété certaine dans le Tiers Monde et d’être « exilé à l’Université de Grenoble ». Il y resta jusqu’à sa retraite. Il en fut un professeur exceptionnel, contribuant à sa renommée et à son attirance internationale en un temps où l’Université avait une mission sociale et culturelle. Ses enseignements se nourrissaient d’une recherche en permanence tournée vers l’action, « l’économie devant être au service de l’Homme, de tous les hommes » comme le répétait son maître François Perroux dont l’enseignement lui fut sans doute encore plus sensible sur la fin de sa carrière. Il fit ainsi partie dès l’origine du noyau dur de l’ISEA fondé par ce dernier, puis de l’ISMEA à la présidence duquel F. Perroux lui demanda de lui succéder, aux côtés de Raymond Barre, Henri Bartoli, Sylvain Wickham, Jean Weiler notamment. A la disparition de F. Perroux, il fonda avec Raymond Barre, François Sarda, Jean-Yves Haberer et Roger Leray la Fondation François Perroux dont l’objectif est d’entreprendre l’édition complète des œuvres de François Perroux, y compris ses manuscrits inédits. Il lui vouait une admiration sans borne et le jugement que ce dernier portait sur ses propres travaux lui importait plus que tout autre.




Enseignant, G. De Bernis a subjugué des générations d’étudiants par la brillance, la profondeur et l’acuité de ses cours. A Grenoble, il donna de nombreuses années le cours de « croissance et développement », qui avait grande réputation. Il donna également ce cours à l’Université d’Alger dans les années d’immédiat après indépendance et, à ce titre, influença de nombreux cadres de cette jeune nation ainsi que son modèle de développement initial. Son polycopié en trois tomes s’arrachait et circula bien au delà de Grenoble. Il organisa des voyages d’études pour ses étudiants, y compris en Algérie. Pendant quelques années, il déjeunait un jour par semaine avec ses étudiants afin de débattre de son cours. Même si son nom était et restera accolé à la thématique du développement, il ne fut pas, loin de là, un spécialiste de ce seul thème. Il donna longtemps un séminaire d’économie internationale, ayant pris la suite de Maurice Byé (éminent Professeur de Paris dont il gardera le nom comme co-auteur) pour les quatrième et cinquième éditions du très gros Dalloz de « Relations économiques internationales ». Il releva également le challenge de l’enseignement du cours d’économie générale de première année, dont de nombreux étudiants ont gardé un souvenir vivace même et surtout s’ils n’en comprenaient pas toute l’ampleur.



Il intervint également dans de nombreux autres enseignements, notamment d’économie agricole, d’économie de l’énergie, d’économie du travail et d’économie de la santé dont il fut un des pionniers français. Il fut en effet le premier titulaire du cours d’économie de la santé de la faculté de médecine de Grenoble et enseigna longtemps à l’Institut de formation de l’OMS à Bangkok. A tous ces domaines, il a consacré nombre d’articles et/ou manuels didactiques. Chercheur, G. De Bernis l’était de toute son âme, tant il considérait que l’article sitôt écrit était désormais complètement dépourvu d’intérêt parce que déjà dépassé. Ce trait de caractère l’obligeait à se jeter à corps perdu dans le décryptage du réel et de ses évolutions, à reprendre sans cesse ses écrits et à ne pouvoir publier que sous la contrainte de l’éditeur. Paradoxalement, il publia énormément mais dans des supports peu connus, voire surtout non académiques. Cette inclination, qui était une stratégie, lui a permis et valu d’être méconnu et académiquement marginalisé en France, ce qui contrastait avec sa réputation dans le reste du monde.



C’est ainsi que son article sur « Industries industrialisantes et contenu d’une politique d’intégration régionale » qui lui valut sa réputation fut assez souvent brocardé en France au motif qu’il ignorerait l’agriculture alors même qu’elle en constituait une bonne part ! Ce fut aussi le cas pour un de ses meilleurs articles consacré à « la fonction transformatrice du commerce extérieur » que l’on ne voit jamais cité. Cette absence quasi totale de citation qui contraste absolument avec le nombre de ses sollicitations à des jurys de thèse ou de ses participations à des colloques dans lesquels il jouait souvent le rôle central marque sa caractéristique : celle d’un empêcheur de chercher en rond dont l’hétérodoxie n’a pas suscité l’inimitié que du seul mainstream. Mais, cette caractéristique avait une contrepartie : elle lui attirait de nombreux thésards, assurés qu’avec lui, on se formait réellement. Il fit ainsi soutenir un nombre impressionnant de thèses qui tapissaient les murs de son bureau de la faculté. La plupart de ses thésards, souvent d’origine modeste, ont fait de brillantes carrières ; certains sont morts prématurément, assassinés pour leurs idées. Un certain nombre a nourri les aventures collectives que furent les Instituts de recherche en études sociales (IES), en énergie (IEJE) et en planification (IREP) auxquels il participait et dont il fut une cheville ouvrière. C’est ainsi qu’à un moment donné, l’IREP employa autant de chercheurs à lui seul que le reste des Instituts français de recherche en économie et eût des antennes à l’étranger, notamment à Alger où il contribua à la construction des premiers plans algériens.



Son équipe agricole avait grand renom et ses membres intègreront plus tard l’INRA lorsque les temps devinrent difficiles pour la recherche contractuelle. Dans le même temps, il effectuait consultations et missions pour des États ou des organisations internationales ou régionales du Tiers Monde. Très demandé comme conférencier ou intervenant par des institutions de tout niveau et de toute nature pour des manifestations également de tout niveau et de toute nature (du stage ouvrier ou paysan à la grande Conférence en passant par les séminaires dans les universités), il courait en permanence la France et surtout le monde, considérant que tel était son devoir. Car la carrière universitaire de G. De Bernis fut inséparable de l’action et du militantisme.



Militant, G. De Bernis le fut à un point qu’il est difficile de retracer sans commettre d’oubli ou d’injustice. Sa vie était emplie de son catholicisme social, par ailleurs peu pratiquant, qui l’avait attaché à François Perroux. Comme ce dernier, « nourrir, soigner, éduquer les hommes » afin de leur permettre « l’accession à un statut humain de la vie », qu’il s’agisse des exploités du monde développé ou du Tiers Monde dans son ensemble était constitutif de son être. Comme F. Perroux, il fut engagé auprès des autorités religieuses dans l’élaboration de leur doctrine économique, notamment auprès de Monseigneur Duval à Grenoble. Sa croyance était aussi action : il mena des études très dérangeantes sur la condition des travailleurs immigrés et épaula, tant qu’il fut en capacité de le faire, le prêtre Paul Muzard dans son engagement à leur côté. En accord avec son époque, cette croyance profonde l’a amené à participer au mouvement social.



Etudiant, il entra à l’UNEF dont il devint secrétaire général (1949-1950), puis Président (1950-1951) avant de devoir démissionner pour cause de participation au congrès fondateur de l’Union Internationale des Etudiants à Prague. Cette sanction le renforça dans ses convictions agissantes. Il se porta ainsi auprès du mouvement des paysans bretons de G. Miossec qui demeura pour lui une référence. Il réalisa diverses études et fit entreprendre des thèses sur la situation de l’agriculture paysanne qui apportèrent beaucoup à la compréhension des transformations alors à l’œuvre, au point qu’en 1968, il fut envisagé d’en faire un Ministre de l’Agriculture. Cette éventualité, qu’il ignorait, lui valut d’être tenu un temps en suspicion par la CGT dont il s’était rapproché à l’occasion du grand conflit Neyrpic de Grenoble.



L’épisode éclairci, il devint un pilier de son institut de recherche (ISERES) dirigé par Jean Magniadas, dont il sera le patron de thèse. Multipliant les travaux pour cet institut, il rédigea, quasiment seul, ses rapports annuels qui étaient en fait de véritables ouvrages (de 300 pages environ) sur la situation mondiale. Il fut également membre du bureau de l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA) et de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne (AAFV) pour lesquelles il réalisa études, missions et programmes, notamment de formation. Enfin, le PCF déclinant, il le rejoignit, convaincu que son déclin n’augurait rien de bon pour le peuple français et l’évolution de la situation mondiale.



Sans doute, la lecture d’une telle activité laisse-t-elle quelque peu dubitatif sur sa réalité. La réponse à cette légitime question est simple : la puissance de travail et la capacité de synthèse de G. De Bernis, servie par une constitution physique exceptionnelle lui ayant permis de survivre à trois accidents cardiaques, était absolument hors norme. G. De Bernis dormait très peu et travaillait sans cesse et partout : dans les avions, dans les aéroports, les gares, les trains et les intercours le voyait se précipiter dans son bureau. C’est ainsi qu’il voyageait avec un volumineux et très lourd cartable empli de photocopies d’articles. Il écrivait en permanence et rapidement, presque d’un seul jet, usant en une année la plume de son stylo encre et pouvant épuiser jusqu’à deux cartouches d’encre par jour lorsqu’il n’était pas dérangé. Il avait une capacité instantanée à se remettre à ses écrits à l’endroit même où il les avait interrompus.



Ces facultés étaient tout entières mises au service de ce qu’il considérait comme sa mission, laquelle structurait toute sa vie. C’est ainsi qu’il ne fut pas rare qu’il paya des chercheurs de ses deniers, au détriment de la situation financière de sa famille, soit que l’institut qui les employait connaisse des difficultés financières, soit qu’il se soit engagé quelque peu inconsidérément auprès d’eux. Car le réalisme financier n’était pas sa qualité première. Non plus d’ailleurs que le réalisme « politique ». Mais ne disait-il pas : « j’ai largement fait de ma vie ce que je voulais en faire et c’est cela seul qui est important. » ?



A sa femme Marcelle, à ses enfants et leur famille, qui connaissent « le coût social d’une recherche » comme l’a écrit C. Palloix, l’un de ses élèves, nous voulons apporter à travers ce bref hommage le réconfort d’avoir eu comme mari et père un homme exceptionnel, dont la pensée continuera d’irriguer le monde.



B. GERBIER



25 Décembre 2010

22 dic 2010

Macroperu UK: Protestan contra evasión y elusion de grandes empresas

Reino Unido: inédito motivo de protesta económica

María Esperanza Sánchez
BBC Mundo
Manifestantes frente a la tienda Top Shop en Londres
Los manifestantes forzaron el cierre temporal de varias empresas.
Está tomando fuerza en el Reino Unido un movimiento de protestas en contra de la evasión y la elusión de impuestos que tiene como blanco grandes tiendas y empresas como Vodafone (telefonía), Topshop (vestimenta) y Barclays (banca).
En los últimos días, los manifestantes forzaron el cierre temporal de varias tiendas en Londres y otras ciudades del país y en algunos casos varias personas se pegaron con cola a los escaparates de las tiendas.
Los manifestantes señalan que combatiendo la elusión y la evasión impositiva se generarían suficientes recursos para combatir el déficit fiscal sin necesidad de aplicar dolorosos recortes fiscales.
UK Uncut, la organización que encabeza estas protestas, señala que sólo con el combate a la elusión, el uso de huecos en las leyes para evitar el pago de impuestos, se generarían US$40.000 millones. Esta cifra es mucho mayor en el caso de la evasión, que es ilegal.
"La evasión de impuestos es un tema crucial y creo que esta es la alternativa para combatir el déficit, en vez de recurrir a los recortes que está promoviendo este gobierno", dijo a la prensa local James Kelly, portavoz de la organización.
Protestas similares se produjeron en octubre pasado en contra de la firma Vodafone, que llegó a un arreglo con el gobierno en torno a una reclamación de evasión de impuestos, pero terminó pagando muchísimo menos de lo que debía.

Las protestas "son justificadas"

Protestas en las afueras de una tienda en Londres
Según UK Uncut, si se combate la evasión fiscal, los recortes fiscales no serían necesarios.
Richard Murphy, director de la organización gubernamental Tax Research UK, le dijo a BBC Mundo que las protestas son justificadas.
"Estoy de acuerdo en gran medida con lo que dicen los manifestantes. Hay una gran cantidad de impuestos que deberían colectarse en Gran Bretaña y que no llegan a los cofres del Estado: unos US$40.000 millones por concepto de elusión de impuestos, unos US$110.000 millones por evasión impositiva y otros US$40.000 millones que simplemente no se pagan", señaló Murphy.
Señaló que aunque sería difícil obtener todo ese dinero "se debe hacer un esfuerzo serio para colectarse la mayor parte de ese dinero".
Si eso se hace, destacó Murphy, se podrían recaudar al menos unos US$40 mil millones de ingresos extra cada año. "Esto permitiría reducir sustancialmente los recortes. Es una alternativa que el gobierno tiene y no hace uso de ella. Esto explica el malestar de los manifestantes".
Este martes, el gobierno británico anunció un plan para combatir la elusión de impuestos, que según dijo le permitiría recaudar unos US$3.100 millones extras en los próximos cuatro años.
El anuncio es visto como una respuesta al movimiento de protesta en contra de la evasión, un movimiento que está creciendo y obteniendo gran respaldo a través de las redes sociales.
El gobierno también dijo que estudia la posible introducción del llamado Reglamento para Evitar la Elusión Impositiva, como parte de una iniciativa para cerrar los resquicios legales que aprovechan las empresas.
La Confederación Británica de la Industria rechazó la medida porque, según dijo, el Reino Unido perdería competitividad.
"Creemos que la introducción de este reglamento es contrario al interés del gobierno, de los contribuyentes y de la competitividad del país", señaló el organismo que agrupa a las grandes empresas.

Nada nuevo

Hay una gran cantidad de impuestos que deberían colectarse en Gran Bretaña y que no llegan a los cofres del Estado.
Richard Murphy, director the Tax Research UK
Richard Murphy le dijo a BBC Mundo que el plan del gobierno no tiene nada nuevo, ya que por regla general cada año se colectan unos US$790 millones extras cada año, con medidas para contrarrestar la elusión impositiva. Esto equivale a unos US$3.100 millones en cuatro años.
"Esto ha pasado cada año por lo menos en los 30 años que yo he estado trabajando en este sector", destacó.
No obstante, señaló que la introducción de un reglamento para combatir la elusión impositiva sí sería muy positivo.
Según Murphy, un reglamento como ese tendría un gran impacto, "pero no está claro en lo que se ha dicho hasta el momento si el gobierno va a implementar esta medida con rigurosidad".
El plan fiscal del gobierno británico implica recortes por valor de US$126.000 millones en cuatro años, uno de los programas de ajuste más drásticos en toda Europa.
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http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/12/22/04016-20101222ARTFIG00259-2010-annee-record-pour-les-dettes-publiques.php

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